La littérature et l’écriture nous invitent à des temps d’évasion.
La lecture nous amène à découvrir ou à retourner dans des « lieux-cocons » ou des « lieux-pansements ».
L’écriture nous emmène vers des territoires imaginaires ou aimés, pour mieux se trouver ou se retrouver.
Dans l’extrait ci-dessous, Carl Norac fait revivre des sensations et le trait de Carole Chaix, les met en images.
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Il y aura des endroits qui nous mettront à l’envers, tu le sais, dont on ne voudra plus repartir, où nous serons comme deux poissons dans l’eau, deux fourmis dans un panier de cerises. Tu me dis : « Comme à Rome. » Comme à Rome, oui, où tu vois deux mille ans défiler en dix secondes, puis où tu rajeunis à la même vitesse. Le présent y est pareil à un rire qui tourne la rue, avec ces gens qui parlent haut pour que le ciel entende et qu’il réponde lui aussi avec ses mains de ciel, sur un air de chanson.
C’est facile de sortir d’un poème, pas de l’oublier.
Et Rome est ce poème, notre poème.
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© Je t’emmène en voyage de Carl Norac et…Carole Chaix (Éditions À pas de loups, 2019)


Commençons par ce texte d’Anne Sylvestre :
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S’ESCLAFFER
J’aime rire, j’aime le rire. J’aime les rires, le fou rire et les éclats, les gloussements, les miaulements, les épaules qui se secouent, les ricanements, les reniflements.
J’aime m’esclaffer.
Faire Ha ! faire oh ! faire ouh ! faire crrr ! faire aïe ! faire non ! faire oh lala!
S’esclaffer, c’est partir dans tous les sens, se taper sur les cuisses, taper des pieds, du poing sur la table, taper sur son voisin, se tenir les côtes parce que ça fait mal, avoir des crampes, des muscles qui se tétanisent, pleurer, se moucher, aller jusqu’à rouler par terre, s’estrasser, sauter dans des flaques de rire, hurler, mourir ou presque…
S’esclaffer, c’est se mettre dans tous ses états.
Se mettre minable, se faire du bien, exploser et en redemander.
S’esclaffer, c’est mal élevé.
Mais Dieu que c’est bon !
© Coquelicot et autres mots que j’aime d’Anne Sylvestre (Points)
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